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LES SOURCES ANCESTRALES DU REIKI

 

De L’Inde au Tibet, puis de la Chine au Japon

Ce sont les moines bouddhistes d’origine hindoue qui ont amené les techniques du Reiki de l’Inde en Chine, puis ensuite au Japon. Ces moines bouddhistes ont d’abord baigné dans l’antique tradition yogique et ayurvédique basée sur les pratiques de rituels autour des nombreuses divinités du panthéon indien : pratiques tantriques et utilisation des symboles.

Bön et Tao

Dans les sciences yogiques et ayurvédiques, la connaissance de la circulation de l’énergie (prana et surtout oya) dans les 300.000 nadis et les 7 chakras principaux (en réalité beaucoup plus) était connue et utilisée aussi bien pour le développement spirituel des pratiquants que pour la guérison. Lorsque ce savoir et ce savoir-faire ont été introduits au Tibet et en Chine, ils ont été confrontés aux pratiques de l’ancienne religion du Tibet (bön) et des traditions taoïstes chinoises. Ceci a donné naissance à un Bouddhisme tantrique au Tibet, le Vajrayana Dogzchen, et en Chine au chen yen et au Ten tian, également des formes bouddhisme ésotérique. Les deux derniers s’adressent, dans leur dimension ésotérique, à travers le mi-tsoung (mikkyo des Japonais) aux pratiquants engagés sur un chemin de réalisation individuelle en une seule vie. En même temps que ce savoir et savoir-faire passaient de l’Inde au Tibet et en Chine, ils intégraient non seulement les connaissances bön tibétaines et taoïstes chinoises, mais subissaient une simplification : par exemple, des 7 et multiples chakras hindous, on n’en cite souvent que 5 dans la tradition tibétaine et il en restera 3 dans la tradition taoïstes : les 3 tan tien ou chaudrons. De même, chez les Tibétains, les nadis de plus de 300.000 passeront à 72.000, et chez les Chinois, ils seront réduits à la connaissance et à l’utilisation essentielle des 12 méridiens principaux et de quelques « vaisseaux merveilleux ».

Tendaï, shingon, shinto

Lorsque plus tard Saisho et Kukaï, deux moines japonais, l’un représentant le Tendaï (Ten Taï chinois) et l’autre représentant le Shingon (chen yen chinois), iront chercher toutes ces connaissances en Chine et les apporteront au Japon, ils les adapteront là aussi aux religions traditionnelles japonaises, en particulier au shinto, et y introduiront un certain nombre d’éléments chamaniques typiquement japonais. A partir du Japon, nous assisterons à une réduction encore plus importante de l’utilisation possible de l’énergie universelle. Plus aucune connaissance de la circulation de l’énergie dans les lignes énergétiques ou dans les centres énergétiques du corps n’est nécessaire : il suffit de devenir un canal par lequel l’énergie passe et d’imposer les mains à n’importe quelle partie du corps ou de permettre à l’énergie d’être transmise par le souffle ou par les yeux. Il n’y a plus besoin ni de centre énergétique, ni de ligne énergétique : dans le cas de la pratique populaire du Reiki, la simplification est extrême.

La Force fait le travail

On considère qu’à partir du moment où un être humain est « ouvert », c’est-à-dire initié à cette Force, il lui fait confiance et lui laisse faire « tout le travail ». Même si nous savons que c’est possible, il est également évident qu’un travail plus sérieux ou l’acquisition d’un savoir et d’un savoir-faire plus précis, est nécessaire.

« Il suffit de devenir un canal par lequel l’énergie passe et d’imposer les mains. »

Connaissances secrètes

La question est : que vient faire Usui dans cette histoire ? Mikao Usui est né dans une famille de religion Tendaï et a été éduqué dans des écoles et des temples Tendaï, s’intéressant au mikkyo (l’école secrète) et à la pratique du kiko (le qi gong japonais). Il a appris au cours de son éducation tout ce qu’il a transmis dans le cadre du reiki.

Le mikkyo l’a mis en contact avec des moines Shingon (Chen yen chinois), encore plus versés dans ces connaissances secrètes. De même, sa pratique du kiko lui a permis d’étudier les multiples méthodes de bien-être, de santé et de guérison qui sont une facette fondamentale de la pratique des anciens maîtres chinois qui ont transmis ces méthodes aux Japonais. La plupart des kanji, des symboles du reiki, trouvent leur origine soit dans le Sanskrit, soit dans la calligraphie chinoise et sont encore pratiqués aussi bien dans le Tendaï que le Shingon. Le but des pratiques, le kiko comme le Reiki, visent à permettre à l’énergie de circuler librement à travers le corps : à cet effet, le pratiquant utilise des techniques de respiration, de mouvements et de postures, de paroles, de récitations ou de chants.

Accessibles au plus grand nombre

Le mérite de Mikao Usui a été de rendre ces techniques accessibles au plus grand nombre en les sortants du secret du Mikkyo, hors des temples et des monastères.

Texte de Idris Lahore